Cours de soutien ? Convaincre son enfant de faire des cours de soutien peut rapidement devenir un sujet de tension à la maison. Le parent pense aux difficultés scolaires. L’enfant, lui, peut entendre tout autre chose : « Je ne suis pas assez bon », « Je vais encore travailler », ou simplement « On décide encore à ma place ».
Pourtant, son refus ne signifie pas nécessairement qu’il ne veut pas progresser.
Il peut traduire de la fatigue. Il peut aussi cacher une peur de l’échec. Parfois, l’enfant ne voit tout simplement pas l’intérêt de consacrer davantage de temps aux cours après une journée entière à l’école.
Alors, comment réagir ?
D’abord, il faut changer de perspective. Au lieu de chercher immédiatement à convaincre, il est souvent plus utile de comprendre ce que l’enfant essaie de dire.
La recherche sur la motivation scolaire va d’ailleurs dans ce sens. Une importante méta-analyse publiée dans Contemporary Educational Psychology a rassemblé 153 études et plus de 213 000 élèves et étudiants. Elle montre qu’un environnement qui soutient l’autonomie est notamment associé à davantage de motivation autonome, d’engagement et de confiance en ses capacités.
Autrement dit, donner envie d’étudier ne consiste pas forcément à pousser davantage. Il faut parfois redonner à l’enfant une part de contrôle.
Voici donc sept phrases que les parents entendent souvent… et ce qu’elles peuvent réellement vouloir dire.
1. Cours de soutien « Je ne suis pas nul ! » : pourquoi le mot soutien peut braquer un enfant
Vous proposez des cours particuliers.
Votre enfant répond immédiatement :
« Mais je n’en ai pas besoin ! »
La réaction peut sembler disproportionnée. Pourtant, elle a une certaine logique.
Pour certains enfants, le mot soutien ressemble à une étiquette. Dans leur tête, prendre des cours de soutien signifie qu’ils sont « mauvais » ou « en retard ».
Le problème n’est donc pas toujours le cours.
C’est parfois ce qu’il représente.
Traduction possible : « Est-ce que vous pensez que je ne suis pas capable ? »
Dans ce cas, insister sur les mauvaises notes risque de renforcer la résistance.
Il est généralement plus intéressant de changer le vocabulaire.
Un professeur particulier peut être présenté comme un coach. Son rôle n’est pas simplement de refaire les cours de l’école. Il aide l’élève à identifier les blocages, à poser ses questions et à trouver une méthode plus efficace.
Cette nuance est importante.
Une vaste méta-analyse sur la motivation scolaire, portant sur 144 études et plus de 79 000 élèves et étudiants, a notamment montré que le sentiment de compétence constitue l’un des facteurs les plus fortement associés à la motivation autonome.
Ainsi, au lieu de dire :
« Tu as besoin d’aide en maths. »
Le parent peut présenter l’objectif autrement :
« L’idée est de trouver quelqu’un qui t’aide à devenir plus à l’aise en maths et à perdre moins de temps quand tu bloques. »
La différence semble légère. Pourtant, le message n’est plus le même.
Dans le premier cas, on souligne une faiblesse.
Dans le second, on propose un outil.
2. Cours de soutien « J’ai déjà passé toute la journée à l’école ! » : une objection finalement assez logique
C’est probablement l’une des réponses les plus fréquentes.
Et, dans une certaine mesure, l’enfant a raison.
Après plusieurs heures de cours, de concentration, de transport et de devoirs, ajouter encore une heure d’enseignement peut sembler décourageant.
Par conséquent, convaincre son enfant de faire des cours de soutien ne signifie pas forcément lui ajouter une deuxième journée d’école.
Il faut plutôt se demander : de combien de temps a-t-il réellement besoin ?
Traduction possible : « Je suis fatigué, pas forcément démotivé »
C’est une distinction essentielle.
D’ailleurs, les recherches sur le travail scolaire ne permettent pas de conclure que « plus longtemps » signifie automatiquement « mieux ».
Une revue systématique consacrée au temps passé aux devoirs chez les élèves du primaire et du secondaire souligne que les données expérimentales restent insuffisantes pour déterminer une durée optimale universelle. Elle rappelle également que la charge cognitive et la fatigue doivent être prises en compte.
Une autre étude publiée en 2023, portant sur plus de 300 000 élèves chinois, a observé que davantage de temps consacré aux devoirs hors de l’école en semaine était associé, dans cet échantillon, à davantage d’anxiété scolaire et parfois à de moins bonnes performances. Cela ne permet pas de fixer une règle valable pour tous les enfants, mais cela rappelle une chose importante : accumuler les heures n’est pas nécessairement la bonne stratégie.
Ainsi, une séance courte et ciblée peut être plus pertinente qu’une longue séance générale.
Par exemple, l’objectif du mercredi ne doit pas forcément être de « faire une heure de maths ».
Il peut être beaucoup plus précis :
« Aujourd’hui, je veux enfin comprendre les équations du second degré. »
La séance prend alors une autre dimension.
3. Cours de soutien « Je ne veux pas faire ça toute l’année » : essayez plutôt le test des trois séances
Les adultes raisonnent facilement sur le long terme.
« Nous allons prendre un professeur jusqu’à la fin de l’année. »
Pour un enfant déjà réticent, cette phrase peut ressembler à une condamnation.
Il imagine immédiatement des dizaines de mercredis sacrifiés.
Alors, pourquoi ne pas raccourcir l’horizon ?
Traduction possible : « Je veux pouvoir changer d’avis »
Proposez simplement trois séances.
Pas trente.
Trois.
Ensuite, faites un bilan avec lui.
Qu’est-ce qu’il a aimé ?
Qu’est-ce qui l’a dérangé ?
Est-ce que les explications étaient différentes de celles de l’école ?
A-t-il compris quelque chose qu’il ne comprenait pas avant ?
Et surtout : souhaite-t-il continuer avec ce professeur ?
Cette approche redonne à l’enfant une partie de la décision.
Or, ce sentiment d’autonomie n’est pas anecdotique.
Une méta-analyse publiée en 2024 sur les interventions éducatives inspirées de la théorie de l’autodétermination conclut que ces approches peuvent améliorer la motivation intrinsèque, le sentiment d’autonomie et le sentiment de compétence des apprenants.
Le parent reste donc parent.
Cependant, il ne transforme pas immédiatement le soutien scolaire en obligation annuelle.
Il crée d’abord une expérience.
4. Cours de soutien « Je n’aime pas ce prof » : laissez votre enfant participer au choix du professeur
Un professeur peut avoir un excellent CV et pourtant ne pas convenir à votre enfant.
C’est normal.
Un enfant de 13 ans n’a pas nécessairement besoin du même type d’enseignant qu’un lycéen de Terminale.
Certains élèves apprécient un professeur très structuré.
D’autres ont besoin d’humour.
Certains veulent aller vite.
D’autres ont besoin de poser dix questions avant de comprendre.
Traduction possible : « J’ai besoin de quelqu’un avec qui j’ose ne pas comprendre »
Cette phrase change beaucoup de choses.
Un cours particulier fonctionne précisément parce qu’il permet une relation plus individualisée.
Une synthèse scientifique publiée récemment a regroupé 26 méta-analyses couvrant environ 2,64 millions d’élèves. Elle conclut que la qualité de la relation enseignant-élève est fortement associée à de nombreux résultats positifs, notamment la réussite scolaire, la motivation, l’engagement et le bien-être.
La relation compte donc.
Bien sûr, la maîtrise académique reste indispensable.
Cependant, votre enfant doit aussi pouvoir dire :
« Je n’ai rien compris. »
« Vous pouvez recommencer ? »
« Pourquoi on fait ça ? »
Sans se sentir jugé.
Par conséquent, si votre enfant refuse les cours particuliers, ne choisissez pas forcément le professeur uniquement entre adultes.
Présentez-lui deux ou trois profils.
Montrez-lui leur méthode.
Puis demandez-lui lequel lui semble le plus adapté.
Le simple fait de participer au choix peut déjà modifier son rapport au cours.
5. Cours de soutien « Je veux juste avoir la moyenne » : changez l’objectif avant de chercher à améliorer les notes
Les parents parlent beaucoup en chiffres.
12/20.
14/20.
Une moyenne à augmenter.
Un classement à améliorer.
Pourtant, une note reste un résultat final.
Elle ne dit pas toujours à l’enfant ce qu’il doit faire différemment demain matin.
Alors, posez une autre question :
« Qu’est-ce que tu aimerais réussir à faire seul ? »
La réponse peut être très concrète.
Réussir un exercice de maths sans demander d’aide.
Comprendre enfin les fractions.
Écrire une dissertation sans rester vingt minutes devant une page blanche.
Oser participer en anglais.
Réviser un contrôle sans paniquer.
Comprendre un chapitre de physique dès la première lecture.
L’objectif devient alors observable.
Surtout, il devient personnel.
Traduction possible : « Donnez-moi un objectif que je peux réellement atteindre »
Cette logique rejoint également les recherches sur la motivation.
Le sentiment de compétence, l’autonomie et la qualité de la relation avec l’enseignant jouent tous un rôle dans la motivation scolaire.
Ainsi, la question n’est plus seulement :
« Quelle note as-tu obtenue ? »
Elle devient :
« Qu’est-ce que tu sais maintenant faire que tu ne savais pas faire il y a un mois ? »
Et cela change le rôle du soutien scolaire.
Il ne sert plus simplement à réparer une mauvaise note.
Il sert à construire une compétence.
6. « Le prof va encore me donner des exercices… » : le cours de soutien ne doit pas ressembler à une deuxième école
Voici une erreur fréquente.
L’élève passe sa journée à écouter un enseignant, prendre des notes et faire des exercices.
Puis il rentre chez lui.
Et son professeur particulier lui propose exactement la même chose.
Évidemment, la motivation scolaire peut rapidement disparaître.
Traduction possible : « Si je dois travailler encore, faites-moi travailler autrement »
Le cours particulier possède justement un avantage majeur : il peut partir directement des besoins de l’élève.
Pourquoi a-t-il perdu trois points au dernier contrôle ?
À quelle étape du raisonnement se trompe-t-il ?
Quelle notion n’est pas réellement acquise ?
Quelles questions n’ose-t-il pas poser en classe ?
À partir de là, la séance peut devenir beaucoup plus interactive.
Le professeur peut utiliser des quiz courts, des problèmes concrets, des cartes mentales ou des exercices réalisés à l’oral.
Il peut également demander à l’enfant d’expliquer une notion avec ses propres mots.
Enfin, il peut reprendre directement les erreurs du dernier contrôle.
La recherche apporte ici plusieurs éléments intéressants.
Une méta-analyse de 2024 regroupant 118 études et 258 tailles d’effet conclut que l’évaluation formative — c’est-à-dire vérifier régulièrement ce que l’élève comprend afin d’adapter ensuite l’enseignement — produit un effet positif sur les apprentissages des élèves du primaire et du secondaire.
Par ailleurs, la gamification peut être intéressante lorsqu’elle est utilisée intelligemment. Une méta-analyse de 35 interventions publiée en 2024 observe un effet positif, mais modeste, sur la motivation intrinsèque. Elle observe également des effets favorables sur le sentiment d’autonomie et de relation aux autres.
Cela ne signifie évidemment pas qu’il faut transformer chaque exercice de mathématiques en jeu vidéo.
En revanche, cela rappelle qu’apprendre peut être actif.
Une séance de soutien peut donc ressembler davantage à un laboratoire qu’à un deuxième cours magistral.
On teste.
On se trompe.
On recommence.
On explique.
Puis on comprend.
7. « Alors, je vais devoir prendre des cours jusqu’au bac ? » : le vrai objectif est justement de ne plus en avoir besoin
C’est probablement le meilleur indicateur d’un bon soutien scolaire.
À terme, l’enfant doit pouvoir faire davantage de choses seul.
Cela paraît paradoxal.
Pourtant, le meilleur professeur particulier n’est pas celui qui rend l’élève dépendant de lui.
C’est celui qui devient progressivement moins indispensable.
Traduction possible : « Est-ce que je vais réellement apprendre à me débrouiller seul ? »
Au début, le professeur peut devoir expliquer chaque étape.
Quelques semaines plus tard, il peut simplement poser une question.
Ensuite, l’élève identifie lui-même son erreur.
Finalement, il sait comment chercher la réponse sans aide.
C’est là que le soutien fonctionne vraiment.
Bien sûr, les notes peuvent également progresser.
Les recherches montrent d’ailleurs que le tutorat peut avoir un réel impact académique. Une grande méta-analyse publiée dans l’American Educational Research Journal, basée sur des expérimentations menées auprès d’élèves du préscolaire au secondaire, estime un effet moyen positif d’environ 0,29 écart-type sur les apprentissages.
Cependant, la note n’est pas le seul signal à regarder.
Observez aussi le comportement.
Votre enfant commence-t-il ses devoirs plus facilement ?
Pose-t-il des questions plus précises ?
Sait-il identifier ce qu’il n’a pas compris ?
Révise-t-il plus efficacement ?
A-t-il moins besoin de votre aide ?
Si oui, alors le soutien produit quelque chose de particulièrement précieux :
de l’autonomie.
Finalement, comment convaincre son enfant de faire des cours de soutien ?
Peut-être qu’il ne faut pas commencer par essayer de le convaincre.
Il faut d’abord l’écouter.
Lorsqu’un enfant dit « je n’ai pas besoin de cours », demandez-lui pourquoi.
Lorsqu’il dit « je suis fatigué », ne répondez pas immédiatement que ses notes sont mauvaises.
Et lorsqu’il dit « je n’aime pas ce professeur », essayez de comprendre ce qui ne fonctionne pas dans la relation.
Ensuite, impliquez-le dans la solution.
Donnez-lui un choix raisonnable.
Testez quelques séances.
Fixez un objectif concret.
Puis évaluez les progrès autrement qu’avec une simple moyenne.
Les recherches sur l’autonomie, la motivation et la relation avec l’enseignant vont globalement dans la même direction : un élève apprend mieux lorsque l’environnement l’aide à se sentir compétent, soutenu et progressivement acteur de son apprentissage.
Par conséquent, convaincre son enfant de faire des cours de soutien ne devrait pas consister à gagner un rapport de force.
L’objectif est plutôt de lui faire découvrir qu’un professeur particulier peut lui apporter quelque chose que l’école, malgré toutes ses qualités, ne peut pas toujours offrir : du temps entièrement consacré à ses questions, à son rythme et à ses difficultés.
Et surtout, le bon professeur n’est pas nécessairement celui qui fait travailler votre enfant le plus longtemps.
C’est celui avec lequel il comprend plus vite et apprend progressivement à se débrouiller seul.
Questions fréquentes sur les cours de soutien
Faut-il forcer un enfant à prendre des cours particuliers ?
Lorsque cela est possible, mieux vaut éviter de transformer le soutien scolaire en sanction. Il est préférable d’expliquer l’objectif, de proposer une courte période d’essai et d’impliquer l’enfant dans le choix du professeur. Cela ne signifie pas que le parent abandonne toute décision. En revanche, l’enfant conserve une certaine autonomie dans la manière d’atteindre l’objectif.
Combien de séances faut-il pour savoir si un professeur convient ?
Il n’existe pas de nombre universel. Toutefois, trois séances constituent un bon test pratique. Elles permettent généralement d’observer la communication avec l’enfant, la méthode utilisée et la manière dont le professeur réagit lorsqu’une notion n’est pas comprise.
Comment savoir si les cours de soutien fonctionnent ?
Ne regardez pas uniquement les notes. Observez également l’autonomie. Votre enfant comprend-il plus vite ? Pose-t-il davantage de questions ? Sait-il expliquer ses erreurs ? Travaille-t-il avec moins d’aide ? Ces changements peuvent apparaître avant une progression spectaculaire de la moyenne.
Que faire si mon enfant refuse catégoriquement le soutien scolaire ?
Commencez par identifier la raison exacte du refus. Fatigue, peur d’être jugé, mauvaise expérience avec un professeur, manque de temps et sentiment d’inutilité nécessitent des réponses différentes. Le refus est donc une information. Avant de le combattre, cherchez à comprendre ce qu’il signifie.


