Les maths en anglais ? Un élève sait résoudre une équation. Pourtant, devant l’exercice suivant, il hésite :
“Expand and simplify the following expression.”
Le calcul n’est pas forcément difficile. En revanche, deux mots peuvent suffire à créer un blocage : expand et simplify.
C’est là toute la particularité des maths en anglais.
Être bon en mathématiques en français ne signifie pas automatiquement être immédiatement à l’aise en Mathematics. En effet, l’élève doit mobiliser deux compétences en même temps. D’un côté, il doit raisonner. De l’autre, il doit comprendre précisément la langue utilisée pour formuler le problème.
Ainsi, lorsqu’un élève rejoint un établissement britannique, américain ou international, il ne doit pas seulement apprendre de nouvelles notions. Il doit aussi construire un véritable vocabulaire mathématique en anglais.
Et cette différence peut avoir beaucoup plus d’impact qu’on ne l’imagine.
1. Vous connaissez la réponse… mais comprenez-vous vraiment la question ? : les maths en anglais
Prenons une situation simple.
Un élève sait parfaitement calculer la moyenne d’une série de nombres. Cependant, l’exercice lui demande :
“Find the mean of the following values.”
S’il ne connaît pas le mot mean, il peut rester bloqué.
Pourtant, le problème ne vient pas des mathématiques.
Il vient de la langue.
C’est pourquoi apprendre les maths en anglais nécessite d’acquérir rapidement certains mots incontournables.
Par exemple :
- mean : moyenne ;
- range : étendue ;
- slope : pente ou coefficient directeur ;
- factor : facteur ;
- root : racine ;
- fraction : fraction ;
- equation : équation ;
- inequality : inéquation ;
- vertex : sommet ;
- perimeter : périmètre ;
- area : aire ;
- volume : volume ;
- ratio : rapport ;
- estimate : estimer ;
- expand : développer ;
- simplify : simplifier ;
- factorise/factorize : factoriser.
Cependant, connaître la traduction n’est qu’une première étape.
L’élève doit ensuite être capable de reconnaître ces mots instantanément dans un exercice.
Pourquoi ?
Parce qu’en situation d’examen, traduire chaque phrase mentalement demande du temps et mobilise des ressources cognitives supplémentaires.
La recherche sur l’apprentissage bilingue des mathématiques montre justement que le changement entre la langue dans laquelle une notion a été apprise et celle dans laquelle elle doit être utilisée peut ralentir le traitement et affecter la précision des réponses.
Autrement dit, un élève peut connaître la méthode et malgré tout perdre du temps simplement parce que son cerveau doit d’abord « convertir » la question.
2. Les consignes mathématiques qu’il faut absolument maîtriser : les maths en anglais
En cours de maths en anglais, certains mots sont encore plus importants que le vocabulaire des chapitres.
Ce sont les command words.
Il s’agit des verbes qui indiquent précisément ce que l’élève doit faire.
Dans les examens britanniques, leur importance est telle que des organismes comme AQA publient des listes officielles expliquant le sens attendu de chaque consigne.
Solve
Solve signifie généralement qu’il faut trouver la ou les valeurs satisfaisant une équation ou une inéquation.
Exemple :
Solve 3x + 5 = 20.
L’élève doit trouver la valeur de x.
Calculate
Calculate demande d’effectuer un calcul.
Cela semble évident. Pourtant, la consigne peut parfois demander plusieurs étapes avant d’obtenir le résultat final.
Determine
Determine signifie qu’il faut trouver une valeur ou établir un résultat à partir des informations fournies.
Evaluate
Le sens dépend du contexte.
Dans certains exercices, il faut calculer une expression. Dans d’autres, notamment dans certaines évaluations britanniques, evaluate peut demander d’analyser ou d’apprécier la validité d’une méthode ou d’une affirmation.
Show that
Attention à cette consigne.
Show that signifie que le résultat est déjà donné.
L’objectif n’est donc pas seulement de trouver la réponse. Il faut présenter les étapes permettant de démontrer que ce résultat est correct.
AQA précise d’ailleurs que le candidat doit montrer les différentes étapes conduisant au résultat demandé.
Estimate
Estimate ne signifie pas simplement « calculer approximativement ».
Selon l’exercice, l’élève doit utiliser des valeurs arrondies ou une méthode d’approximation adaptée.
Round your answer
Cette consigne signifie qu’il faut arrondir la réponse.
Par exemple :
Round your answer to 2 decimal places.
Il faut donner une réponse avec deux chiffres après la virgule.
Give your answer to 3 significant figures
Ici, on ne parle plus de décimales.
On demande trois chiffres significatifs.
Cette nuance paraît petite. Pourtant, elle peut faire perdre des points même lorsque le calcul est correct.
Par conséquent, maîtriser les consignes fait partie intégrante de l’apprentissage des Mathematics.
3. Les maths en anglais, British Curriculum et American Curriculum : parle-t-on des mêmes Mathematics ?
Les mathématiques restent évidemment les mêmes.
Cependant, la manière de les enseigner, de les organiser et de les évaluer peut varier.
C’est pourquoi un professeur de maths en anglais doit idéalement connaître le curriculum suivi par l’élève.
Dans le British Curriculum
Le système britannique est souvent structuré autour d’étapes précises et d’examens standardisés.
Selon les établissements, l’élève peut notamment préparer :
Key Stage 3, puis GCSE, IGCSE, AS Level ou A Level.
Dans le cadre du Cambridge IGCSE Mathematics, par exemple, l’élève ne doit pas uniquement appliquer des formules. Le programme insiste également sur le raisonnement, l’analyse, la résolution de problèmes et la capacité à communiquer clairement une démarche mathématique.
Le candidat doit donc être capable de comprendre les informations, choisir une stratégie, interpréter des résultats et expliquer son raisonnement.
Ainsi, savoir calculer ne suffit pas toujours.
Il faut aussi savoir présenter mathématiquement une réponse en anglais.
Dans l’American Curriculum
Le système américain peut varier davantage selon l’État, l’établissement et le programme adopté.
Toutefois, les standards Common Core, lorsqu’ils sont utilisés, accordent une place importante à la compréhension conceptuelle, au raisonnement et à la résolution de problèmes.
Ils encouragent également les élèves à justifier pourquoi une affirmation mathématique est vraie et à comprendre l’origine des méthodes utilisées, plutôt que de simplement appliquer une procédure.
Un parcours américain peut notamment comporter des matières telles que :
Pre-Algebra, Algebra I, Geometry, Algebra II, Precalculus, puis Calculus ou Statistics.
Ainsi, un élève qui passe d’un système francophone à un American curriculum mathematics peut parfois rencontrer des notions qu’il connaît déjà, mais présentées dans un ordre ou avec une terminologie différente.
4. Le petit dictionnaire qui peut sauver un contrôle de maths : les maths en anglais
Certains mots sont particulièrement trompeurs.
Prenons factor.
En français, l’élève connaît parfaitement la notion de facteur. Toutefois, lorsqu’un professeur lui demande :
“Factor the quadratic expression.”
il doit immédiatement comprendre qu’il doit factoriser.
Même problème avec :
expand → développer ;
substitute → remplacer une variable par une valeur ;
intercept → intersection avec un axe ;
gradient ou slope → pente/coefficient directeur ;
sequence → suite ;
term → terme ;
denominator → dénominateur ;
numerator → numérateur ;
reciprocal → inverse ;
square root → racine carrée ;
power ou exponent → puissance/exposant.
Par conséquent, une bonne préparation ne consiste pas à apprendre 500 mots d’un coup.
Il est beaucoup plus efficace de construire le vocabulaire chapitre par chapitre.
Par exemple, lorsqu’un élève travaille sur les fonctions, il peut apprendre simultanément :
function, graph, axis, coordinate, slope, intercept, increasing, decreasing, maximum, minimum.
Le vocabulaire reste ainsi directement associé aux concepts.
5. Pourquoi traduire chaque exercice dans sa tête peut devenir un handicap : les maths en anglais
Au début, traduire est normal.
L’élève lit :
“Find the slope of the line.”
Puis pense :
« Trouver le coefficient directeur de la droite. »
Ensuite, il commence le calcul.
Cette stratégie fonctionne.
Mais elle comporte une limite.
Chaque exercice passe alors par trois étapes :
anglais → français → raisonnement mathématique.
Or, l’objectif devrait progressivement devenir :
anglais → raisonnement mathématique.
Pourquoi ?
Parce que les mathématiques elles-mêmes sont déjà exigeantes sur le plan cognitif.
Ajouter une étape permanente de traduction peut donc augmenter l’effort mental nécessaire.
Des recherches sur les apprentissages mathématiques bilingues ont identifié des coûts lorsque l’élève doit utiliser une notion dans une langue différente de celle dans laquelle il l’a apprise, notamment en termes de vitesse de réponse et parfois de précision.
Cela ne signifie évidemment pas qu’apprendre les mathématiques dans une deuxième langue est mauvais.
Au contraire.
Cela signifie surtout qu’il faut créer suffisamment d’automatismes linguistiques.
Progressivement, “solve for x” doit déclencher directement une procédure mathématique.
Tout comme “find the area”, “simplify” ou “show that”.
La traduction devient alors inutile.
6. Pourquoi les problèmes écrits sont souvent plus difficiles que les calculs : les maths en anglais
Voici un autre paradoxe fréquent.
Un élève peut parfaitement réussir :
3x + 8 = 26
mais avoir beaucoup plus de difficultés avec un problème rédigé utilisant exactement la même équation.
Pourquoi ?
Parce qu’un word problem demande plusieurs opérations mentales.
Il faut d’abord lire.
Ensuite, il faut identifier les informations pertinentes.
Puis il faut déterminer ce que la question demande.
Enfin, l’élève doit transformer une situation écrite en modèle mathématique.
Or, lorsque l’anglais n’est pas encore totalement maîtrisé, une nouvelle difficulté apparaît.
L’élève doit également décoder la langue.
C’est pourquoi la recherche en enseignement des mathématiques accorde une attention particulière aux stratégies permettant d’aider les élèves à traiter les problèmes écrits. Une méta-analyse publiée en 2023 a notamment examiné différentes interventions destinées à améliorer la résolution de problèmes mathématiques chez les élèves rencontrant des difficultés.
Ainsi, lorsqu’un élève semble « mauvais en problèmes », il faut éviter de conclure trop rapidement qu’il ne comprend pas les mathématiques.
Parfois, le problème est surtout linguistique.
7. Les 5 erreurs fréquentes des élèves venant d’un système francophone : les maths en anglais
Passer aux maths en anglais demande une période d’adaptation.
Certaines erreurs reviennent donc très souvent.
Erreur n°1 : traduire mot à mot
Une phrase mathématique n’est pas toujours comprise correctement avec une traduction littérale.
Il faut donc apprendre les expressions complètes.
Par exemple :
at least signifie « au moins ».
at most signifie « au plus ».
greater than signifie « supérieur à ».
less than signifie « inférieur à ».
Une simple confusion entre at least et at most peut complètement inverser une inéquation.
Erreur n°2 : connaître la notion, mais pas son nom anglais
L’élève sait ce qu’est une racine carrée.
Cependant, il ne reconnaît pas immédiatement square root.
Même chose pour lowest common multiple, highest common factor, reciprocal ou standard form.
Le niveau mathématique paraît alors inférieur à ce qu’il est réellement.
Erreur n°3 : répondre sans respecter la consigne
Un élève trouve le bon nombre.
Cependant, l’exercice demandait :
“Give your answer to three significant figures.”
Il donne trop de chiffres.
Résultat : il peut perdre un point malgré un raisonnement correct.
Erreur n°4 : ne pas expliquer son raisonnement
Dans certains exercices, écrire uniquement le résultat final n’est pas suffisant.
Le Cambridge IGCSE Mathematics demande notamment aux élèves de pouvoir communiquer leurs méthodes et leurs résultats d’une manière claire et logique.
Ainsi, les étapes intermédiaires ont leur importance.
Erreur n°5 : utiliser les méthodes de son ancien programme sans vérifier celles attendues
Deux méthodes peuvent être mathématiquement correctes.
Cependant, le niveau de justification attendu, les notations utilisées ou la progression pédagogique peuvent varier.
Il est donc préférable de travailler directement avec les exercices et les standards du curriculum concerné.
8. Alors, faut-il travailler l’anglais ou les maths en anglais ?
Les deux.
Mais pas séparément.
C’est précisément là que réside l’une des meilleures stratégies.
Au lieu de faire d’un côté des cours d’anglais général et de l’autre des mathématiques en français, l’élève doit progressivement travailler les mathématiques directement en anglais.
Une méta-analyse consacrée aux pratiques d’enseignement auprès d’élèves apprenant les mathématiques dans une langue additionnelle souligne justement l’importance d’adapter les stratégies pédagogiques aux dimensions linguistiques et mathématiques de l’apprentissage.
Concrètement, l’élève peut utiliser une méthode simple.
Étape 1 : apprendre le vocabulaire avant le chapitre
Avant de commencer les probabilités, par exemple, revoir :
probability, outcome, event, sample space, likely, unlikely, certain, impossible.
Étape 2 : résoudre des exercices courts
L’objectif est de créer des automatismes.
Étape 3 : travailler les word problems
L’élève apprend ainsi à extraire les informations importantes.
Étape 4 : expliquer son raisonnement à voix haute
Par exemple :
“First, I calculate the slope. Then, I substitute the coordinates into the equation.”
Cette technique permet de travailler simultanément le raisonnement et le langage mathématique.
Étape 5 : travailler avec de vrais sujets du curriculum
C’est indispensable.
Un élève préparant un IGCSE doit s’entraîner avec des questions IGCSE.
De même, un élève en Algebra II doit pratiquer des exercices correspondant à ce niveau et à cette structure de programme.
9. Pourquoi choisir un professeur spécialisé dans le British ou American Curriculum ?
Un bon professeur de mathématiques peut expliquer une équation.
Cependant, pour accompagner efficacement un élève dans un programme international, cela ne suffit pas toujours.
Un professeur de maths en anglais doit idéalement maîtriser trois dimensions.
Première dimension : les mathématiques
Cela paraît évident.
Le professeur doit maîtriser les concepts et les méthodes.
Deuxième dimension : l’anglais mathématique
Il doit utiliser naturellement le vocabulaire attendu :
solve, expand, factorise, substitute, estimate, evaluate, show that, prove, justify…
Ainsi, l’élève s’habitue progressivement à réfléchir avec ces termes.
Troisième dimension : le curriculum
C’est probablement la dimension la plus importante.
Un enseignant connaissant le British curriculum mathematics comprend la progression du programme, les formats d’examen et les attentes d’un GCSE ou d’un IGCSE.
De même, un enseignant habitué à l’American curriculum mathematics connaît la logique de matières comme Pre-Algebra, Algebra I, Geometry ou Algebra II.
Le professeur ne prépare donc pas seulement l’élève à « faire des maths ».
Il le prépare à réussir les Mathematics de son programme.
10. Le véritable objectif : arrêter de faire des maths traduites
Au début, l’élève voit :
“Find the roots of the quadratic equation.”
Et il traduit.
Quelques semaines plus tard, il reconnaît immédiatement roots.
Puis, avec suffisamment de pratique, la phrase déclenche directement le raisonnement mathématique.
C’est ce passage qui marque une véritable progression.
L’objectif d’un mathematics cours efficace n’est donc pas simplement de mémoriser une longue liste de traductions.
Il faut créer des connexions directes entre :
le mot anglais → le concept → la méthode.
Par exemple :
slope → pente d’une droite → calculer Δy / Δx
ou :
factorise → écriture sous forme de produit → rechercher les facteurs
ou encore :
estimate → approximation → utiliser des valeurs adaptées au contexte.
À partir de ce moment-là, l’anglais cesse progressivement d’être un obstacle.
Il devient simplement la langue dans laquelle l’élève fait ses mathématiques.
Maths en anglais : ce qu’il faut retenir
Réussir en maths en anglais ne dépend donc pas uniquement du niveau mathématique de l’élève.
Il faut également maîtriser le vocabulaire, comprendre les consignes et connaître les attentes du programme suivi.
Un élève venant d’un système francophone peut parfaitement connaître une notion et néanmoins perdre des points parce qu’il ne comprend pas précisément show that, estimate, factorise ou give your answer to three significant figures.
Cependant, cette difficulté n’est généralement pas définitive.
Avec une pratique régulière, le vocabulaire devient automatique.
Ensuite, l’élève cesse progressivement de traduire chaque exercice.
Enfin, il commence à raisonner directement en anglais.
C’est pourquoi des cours de maths en anglais avec un professeur connaissant réellement le programme britannique ou américain peuvent être particulièrement utiles. L’accompagnement peut alors travailler simultanément la compréhension du cours, le vocabulaire mathématique, les méthodes attendues et la préparation aux évaluations.
Chez Smartprof, les cours sont individuels et personnalisés selon le niveau, le programme et les difficultés de chaque élève. Les élèves peuvent être accompagnés par des professeurs habitués aux systèmes britannique et américain, en ligne ou en présentiel, avec des horaires flexibles.
L’objectif n’est pas simplement de traduire les mathématiques.
L’objectif est beaucoup plus important :
apprendre progressivement à penser les Mathematics directement en anglais.


